L’agriculture Aujourd’hui : un territoire d’élevage de races locales

jeudi 12 juin 2014

Un territoire spécialisé dans la production de « Broutards »


Cartes des densités de vaches nourrices au Km2 sur le Parc en 2000 et 2010, réalisation : service régional de l’Information Statistique Economique et Territoriale du Limousin, août 2013. Sources : recensements agricoles 2000 et 2010

Depuis les années 2000, la spécialisation du territoire vers l’élevage de bovins allaitant s’est maintenue (60 % des fermes en 2010 contre 61% en 2000), essentiellement pour la production et la vente de veaux maigres de 7 à 14 mois, appelés « broutards », vendus majoritairement en Italie pour y être engraissés avant de revenir un an plus tard sur les étals des bouchers français.
70% des bovins sortis de ces exploitations sont des broutards, contre 55% en Limousin, et environ un tiers en France (sources Base de Données Nationale d’Identification 2010).
Le territoire Millevaches, principalement en raison des conditions pédoclimatiques rendant délicates les cultures de céréales et d’oléo protéagineux, pratique en effet très peu d’engraissement. Les franges ouest et sud-ouest du territoire aux conditions plus douces, autorisent davantage ces cultures : c’est là que se concentrent les productions de veaux de lait et de veaux sous la mère.

Une production de porcs marginale

Conjointement à cette spécialisation en bovins viande apparue au cours des années 70 et 80, on constate une disparition progressive de culture de céréales à paille et de pomme de terre, accompagné d’un déclin de la production de porcs, dans une région pourtant historiquement terre d’élevage porcin.
Des années 80 à 2010, le nombre d’exploitations spécialisées dans cet élevage sur le parc a été divisé par 10. A contrario, le cheptel porcin quant à lui a progressé de plus de moitié, par l’installation de quelques ateliers à fort effectifs.
Cette production sur le parc est toutefois aussi caractérisée par un élevage en plein air de la race de porcs « Cul Noir du Limousin », dont quelques exploitations situées sur la frange nord-est du parc en pratiquent l’élevage et l’engraissement.

Un élevage ovin en déclin

L’élevage ovin du territoire (19% des exploitations) est un élevage d’agneaux de boucherie, de la race limousine. Les mères valorisent les pâturages de mai à octobre, et les agneaux sont essentiellement élevés en bergerie, en raison des conditions climatiques difficiles.
Le cheptel ovin, qui avait diminué de moitié entre 1980 et 2000, continue de réduire comme peau de chagrin, même si la diminution ralentit un peu son rythme depuis les années 2000 (en 2010 : perte de -30% du stock de 2000). Géographiquement, il reste important sur les quatre zones du Parc déjà repérées en 2000 :
-  le cœur du Plateau de Millevaches, de Meymac à Gentioux-Pigerolles en passant par Peyrelevade et l’est du canton de Bugeat. Cet espace concentre le plus gros de l’élevage ovin, caractérisé par un élevage extensif de brebis limousines ou croisements de cette race, avec de faibles chargements.
-  La partie ouest du Parc autour de Châteauneuf la foret et d’Eymoutiers : cette zone a particulièrement régressé en dix ans. L’élevage ovin y est un peu plus intensif avec des chargements plus élevés à l’hectare.
-  Les alentours de Crocq et d’Eygande, espace également beaucoup moins concerné par cet élevage qu’auparavant.
-  Enfin, les Monédières, au nord-est de Corrèze, a plutôt bien su conserver son élevage ovin.

Pour plus d’information sur la race ovine limousine, consultez le site des Races Ovines des Massifs :http://www.races-ovines-des-massifs.com

Cartes des densités de brebis nourrices au Km2 sur le Parc en 2000 et 2010, réalisation : service régional de l’Information Statistique Economique et Territoriale du Limousin, août 2013. Sources : recensements agricoles 2000 et 2010

Quelques vergers de petits fruits

Le territoire comporte quelques exploitations de petits fruits, souvent en diversification d’un atelier d’élevage. Une exploitation du territoire pratique la cueillette de myrtilles sauvages sur une quinzaine d’hectares de landes, gérées dans ce but. Trois de ces exploitations bénéficient de la marque Parc pour les petits fruits rouges et transformés depuis 2014.
On note également l’existence d’une petite zone d’arboriculture de pommes à cidre, éclatée en quelques vergers de 1 à 4ha de diversification chez des éleveurs bovins, situées autour de Chamberet. Ce verger, recréé de toute pièce à l’initiative de la commune en 2001 pour sauvegarder une production emblématique à l’abandon, entre aujourd’hui en production, alimentant l’activité « cidres et jus » de l’entreprise adaptée de Chamberet, pour une production artisanale de quelques 30 000 bouteilles qui bénéficient de la marque Parc depuis 2014.
Enfin, 9 exploitations maraichères, plutôt de taille très modeste (détenues parfois par des pluriactifs) se sont installées sur le territoire, presque toutes dans les années 2000.

Les fromages

Le territoire Parc compte, à l’image du Limousin, seulement 3% d’élevages bovin laitier. Cela représente une centaine d’exploitations (109) produisant en tout 12 millions de litres par an (RGA 2010). Elles se concentrent sur l’Est du Parc, autour d’Eygurande et Merlines. Le lait est collecté principalement par un opérateur du Puy de Dôme et valorisé en lait UHT.
Le territoire du Parc se démarque par une petite production de fromages de chèvre non négligeable : 15% des exploitations régionales qui en détiennent se situent sur le territoire du Parc (hors périmètre d’extension). La quasi-totalité des fromages de ces exploitations est valorisée en circuits courts sur ou à proximité du territoire.

Productions énergétiques des exploitations

On observe depuis 10 ans un nombre non négligeable d’exploitations agricoles ayant fait le choix de diversifier leur revenu en investissant sur les panneaux photovoltaïques en toiture de bâtiments d’élevage. En 2013, ERDF dénombre 96 projets sur le territoire (projet d’extension) du Parc, pour une puissance équivalente de 14,2 MW. En utilisant les estimations de l’Institut National de l’Energie Solaire (une puissance de 1KW produit 1300 KWh/an) que l’on diminue volontairement à 1200 KWh/an pour ne pas risquer une surestimation, on obtient une production énergétique équivalente cette année-là à 18 GWh.
Or, le rapport du PCET du Parc en 2010 estimait la production des particuliers à 0.2 GWh. En supposant que celle-ci n’a pas évolué depuis, on peut assimiler la production agricole de photovoltaïque à 17.8 GWh sur le Parc en 2013. Selon le rapport de la production électrique de RTE Limousin en 2012, la production régionale d’énergie photovoltaïque s’élevait à 79 GWh, pour une puissance de 70 MW. La production du territoire du Parc représenterait donc près d’un quart de la production régionale.
Par ailleurs, 4 projets de méthanisation à la ferme en cours sont répertoriés sur le territoire du Parc (3 en corrèze et un en Creuse) mais encore non en activité à ce jour.